Luttons pour l’autodétermination des peuples contre l’impérialisme étatsunien et faisons respecter le droit international
Résolution du conseil national – 10.01.2026
Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, les États-Unis ont mené une offensive militaire contre le Venezuela et enlevé le président Nicolás Maduro et Cilia Flores sous le prétexte fallacieux de narcotrafic. Cette agression militaire unilatérale qui a déjà provoqué une centaine de morts dont 32 Cubains constitue un acte de guerre qui ne dit pas son nom, en totale violation de la Charte des Nations unies et de la souveraineté du peuple vénézuélien. Depuis, l’administration étasunienne a affirmé la volonté de mettre le pays sous tutelle et a commencé à s’emparer de son pétrole. Elle a proféré des menaces contre la souveraineté de la Colombie, du Mexique et de Cuba et elle a réitéré sa volonté d’annexer le Groenland afin de mettre la main sur ses richesses naturelles et de prétendument sécuriser les voies maritimes. Dans le même temps, elle a ordonné l’arraisonnement d’un pétrolier battant pavillon russe.
Par ses impacts régionaux et internationaux, cette action constitue donc un bouleversement majeur de la situation mondiale. Pris dans une nouvelle étape de crise profonde, l’impérialisme étasunien cherche une réponse à la crise de son hégémonie et à sa crise économique à travers une domination ouvertement unilatérale et monopoliste. Il adresse une menace à tous les peuples et gouvernements qui rechercheraient une voie progressiste et solidaire.
À travers son escalade actuelle, l’impérialisme étasunien :
Cette politique de force ouverte est de nature à aggraver les tensions internationales et les risques de guerre. Elle appelle la plus large riposte internationale des forces progressistes et l’émergence d’un grand mouvement mondial pour la paix, pour défendre le droit international et la démocratie. La récente déclaration de la Confédération syndicale internationale et de la Confédération européenne des syndicats, condamnant l’intervention des États-Unis au nom de la souveraineté et de l’autodétermination des peuples, est un premier point d’appui dans cette direction.
L’Union européenne et la France, se soumettent, de fait, à l’impérialisme étasunien, en poussant les feux d’un changement de régime par la force au Venezuela, et en agissant ainsi au mépris des intérêts comme de la volonté des peuples. Parce que la représentation nationale ne peut être privée de voix face à une telle dérive de la diplomatie française, le groupe GDR de l’Assemblée nationale a obtenu qu’un débat soit organisé au Parlement.
Le Parti Communiste Français avait salué et soutenu l’espoir ouvert par le processus bolivarien lancé en 1999 avec Hugo Chavez, qui avait résisté à la tentative de coup d’état soutenu par les États-Unis en 2002 et dessiné, quelles que soient ses limites, les voies d’une alternative de progrès et d’indépendance pour les peuples d’Amérique Latine. Il avait également dénoncé les pratiques autoritaires du pouvoir de Nicolas Maduro, y compris contre les organisations de gauche et le Parti Communiste vénézuélien. Cela ne saurait toutefois effacer les conséquences de la guerre économique totale menée par les États-Unis contre le Venezuela. Cette guerre dure depuis dix ans et a été initiée par l’administration Obama, laquelle a notamment profité de l’effondrement des prix du pétrole et favorisé la déconnexion du pays du système bancaire mondial (SWIFT). Ce qui explique largement la situation économique dramatique que doit à présent affronter le peuple vénézuélien.
Le PCF exprime sa pleine solidarité avec le peuple vénézuélien qui a seul le droit de décider de son propre destin, en toute souveraineté. Il est également pleinement solidaire de l’ensemble des peuples d’Amérique latine et des Caraïbes menacés par Donald Trump, notamment des peuples colombien, cubain, mexicain et brésilien, ainsi que du peuple groenlandais. Il salue à cet égard la mobilisation du peuple colombien en défense de sa souveraineté nationale, et son gouvernement légitime présidé par Gustavo Petro ; il est aux côtés des forces progressistes de ce pays, alors que la séquence électorale en cours se déroule sous les menaces et ingérences directes des États-Unis.
Les exigences de coopération et de paix pour développer les biens communs mondiaux (dont le climat et les ressources énergétiques), les services publics et l’emploi sont énormes. C’est pourquoi, le PCF appelle à un nouvel ordre international. Il est urgent de réformer profondément l’ONU et de mobiliser des moyens financiers mondiaux communs pour développer les biens communs sous l’égide d’institutions financières internationales révolutionnées en lien avec l’ONU (FMI, OMC).
Le PCF demande que la France agisse pour :
Le conseil national appelle :
Paris, le 10 janvier 2026