Offensive réactionnaire contre les communistes en Europe : le capitalisme étrangle la démocratie

Offensive réactionnaire contre les communistes en Europe : le capitalisme étrangle la démocratie

Les attaques contre les communistes se multiplient en Europe, sur fond d’offensive ultraconservatrice et d’extrême droite contre l’ensemble de la gauche et des progressistes.  

De la Slovaquie à la République tchèque en passant par les pays baltes et la Pologne, les régimes conservateurs, libéraux et nationalistes-illibéraux criminalisent le mouvement communiste, s’appuyant sur l’infâme résolution du Parlement européen du 19 septembre 2019 assimilant communisme et nazisme. Le 3 décembre dernier, le Tribunal constitutionnel polonais a déclaré illégal le Parti communiste de Pologne. Cet acte autoritaire s’inscrit dans une campagne coordonnée au sein de l’Union européenne. Alors que le monde a célébré cette année les 80 ans de la victoire sur le nazisme, cette comparaison est une injure pour les sacrifices immenses des communistes, des peuples d’Europe et d’Union soviétique, et plus généralement de l’ensemble des forces progressistes et démocratiques qui ont rendu cette victoire possible.

Le mythe des « jumeaux totalitaires » trace un trait d’égalité entre une idéologie antisémite, raciste et exterminatrice, qui a été à l’origine de la Deuxième Guerre mondiale et a organisé la Shoah, et les partis communistes qui portaient l’espoir de la libération des nations occupées et de l’émancipation humaine.  En Russie, des communistes sont arrêtés sous prétexte de législation anti-covid pour avoir célébré l’anniversaire de la Révolution de 1917, celle-ci étant présentée comme une « catastrophe nationale ». On peut ajouter à ce tableau l'interdiction du PC d'Ukraine depuis 2015, confirmée en 2022. En France, Valérie Pécresse tente d'organiser des partenariats entre des lycées franciliens et des institutions étrangères connues qui relativisent l’antisémitisme, brouillent la singularité du crime nazi et de la Shoah, et participent à la réhabilitation d'officiers SS. L'été dernier, c'était le maire LR de Saint-Raphaël qui inaugurait un monument dédié "aux victimes du communisme".

En cherchant à discréditer le projet du communisme et à l’assimiler aux régimes qui s’en sont réclamés après la guerre, le but des législations aujourd’hui mises en œuvre est d’annihiler ce qui reste de démocratie dans les pays concernés et de criminaliser toute critique du système capitaliste.  Elles s’inscrivent en cela dans la grande bataille idéologique qu’a initiée l’administration Trump, afin d’aboutir à l’instauration de pouvoirs autoritaires et oligarchiques. Ce qui profite aux forces d'extrême droite, dont on banalise ainsi la nature extrêmement dangereuse, l’aboutissement étant de plus en plus souvent la réhabilitation des partis fascistes et collaborationnistes des années 1930 et 1940.

Le Parti Communiste Français :

– rappelle que, partout dans le monde, l’interdiction d’un Parti Communiste et les répressions contre les communistes sont toujours le signe avant-coureur d’un recul des droits pour tous.

– exige l’annulation immédiate de l’interdiction du Parti Communiste de Pologne et la levée de l’ensemble des répressions touchant les communistes ;

– appelle toutes les forces démocratiques, syndicales, associatives et politiques en France et en Europe à se mobiliser contre cette dérive autoritaire qui menace les libertés à travers tout le continent ;

– réaffirme son engagement pour une Europe des peuples et des nations libres, souveraines et associées, contre l’Europe des répressions, de l’austérité et des falsifications historiques ;

– Continuera, dans la lignée de la rencontre des Partis Communistes d’Europe qui s’est tenue le 5 mai 2025 à Paris, à œuvrer pour développer un front commun pour lutter contre les défis communs qui nous frappent.

Paris, le 22 janvier 2025

Parti Communiste Français.

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