Le contrôle des minerais et terres rares que ce territoire recèle, ainsi que celui des routes maritimes et de l’espace aérien qui l’entourent sont une application de la nouvelle doctrine stratégique de la Maison-Blanche. Il faut bien sûr le dénoncer avec force.
Mais il faut aussi aller plus loin. (…)L’affaire du Groenland sonne le glas de l’OTAN.
L’impérialisme US ne fait plus de l’OTAN son outil principal pour exercer une pression sur ses membres pour qu’ils achètent US pour leur armement . Plus que jamais, l’OTAN n’assure
nullement la sécurité des peuples européens mais, au contraire, est une menace pour eux. C’est l’ensemble du logiciel de l’UE qui vole en éclats. Il serait grand temps d’en tirer les conséquences !
Concernant l’UE, les contradictions de cette construction capitaliste entrent dans une phase terminale. Non pas que les institutions de l’UE vont cesser d’exister demain matin. Mais la logique de l’UE telle qu’elle est déterminée dans les traités européens vole également en éclats. Comme cette phase est terminée, il est logique que l’UE entre dans une crise structurelle. Or,structurellement, il n’est pas possible de réformer en profondeur l’UE maastrichtienne. On voit aujourd’hui toutes les limites d’un « réaménagement » dans le cadre des traités existants.
L’instrument anti-coercition qu’on nous vante ces derniers jours comme un « bazooka » tire en réalité à blanc car il ne rompt pas avec la logique des traités européens. Sa mise en place requiert la majorité qualifiée du Conseil européen, c’est-à-dire 55 % des États membres représentant 65 % de la population. Il s’agit en réalité de donner quitus à la Commission européenne pour « enquêter sur une éventuelle coercition ». En sachant que c’est exactement cette même commission qui a organisé la reddition de l’Europe lors des discussions avec l’administration Trump sur les droits de douane en août dernier.
Les contradictions de l’UE telle qu’elle existe aujourd’hui entrent dans leur phase terminale pour deux autres raisons. Le fonctionnement de l’UE requiert un certain consensus entre les principales bourgeoisies nation. Mais quel consensus serait aujourd’hui possible alors que les dynamiques centrifuges se renforcent ? Le gouvernement français ne cesse de parler d’ « autonomie stratégique » sans rien faire dans cette direction ; le gouvernement d’extrême droite italien tente de garder son lien privilégié avec Trump ; le gouvernement hongrois d’extrême droite a annoncé sa volonté de participer au « bureau de la paix » de Trump dont l’objectif est de marginaliser l’ONU ; le gouvernement espagnol, le plus à gauche d’Europe, essaie de résister dans la mesure de ses fragiles marges de manœuvres.