Il y a 25 ans, le 10 mai 2001, la République française franchissait une étape historique en reconnaissant officiellement, par la loi, le 10 mai comme Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette loi, portée par Christiane Taubira, était l’aboutissement d’un long combat pour que la France reconnaisse l’esclavage comme un crime contre l’humanité, et s’engage sur le chemin de la vérité, de la justice et des réparations.
Aujourd’hui, 25 ans après cette avancée, le Parti Communiste Français tient à saluer cette loi comme une victoire de la mémoire et de la dignité. Mais il tient aussi à rappeler que cette reconnaissance reste incomplète tant que les inégalités sociales structurelles issues de l’esclavage et de la colonisation persistent, tant que le racisme et les inégalités sociales perdurent et tant que l’État français refuse d’assumer pleinement ses responsabilités historiques et financières.
Alors que depuis 25 ans de très nombreuses initiatives locales, portées par des associations, des collectivités et des institutions, ont permis de mieux porter cette mémoire, ces avancées sont aujourd’hui menacées, voire remises en cause, par des politiques et discours qui privilégient l’oubli, la division et le déni. Des forces, en particulier les forces d'extrême droite, tentent de réécrire cette histoire, osant présenter la colonisation comme un « bienfait » ou minimisant ses crimes.
En outre, force est de constater que les réparations promises sont bien souvent restées lettre morte : la France, qui a tiré des siècles de profits colossaux de l’esclavage et de la colonisation, n’a toujours pas engagé de véritable politique de réparations et n'a pas engagé de véritable politique d'égalité républicaine pour les territoires ultramarins. Et partout sur le territoire de fortes discriminations persistent pour les personnes issues de l’immigration postcoloniale à l’embauche, au logement et dans l’accès aux services publics.
Pour la mémoire, la justice et les réparations, 25 ans après la loi du 10 mai 2001, le PCF exige :
La reconnaissance pleine et entière des responsabilités de l’État et des entreprises et l'ouverture de leurs archives pour établir la vérité sur l’ampleur des profits tirés de l’esclavage.
Un plan de réparations financières et symboliques, incluant un fonds dédié au développement des territoires ultramarins et à la lutte contre les discriminations.
Un enseignement approfondi de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation, des résistances des esclaves, des liens entre esclavage, colonialisme et capitalisme, ainsi que leurs conséquences sociales aujourd’hui.
Appliquer strictement les lois contre le racisme et les discriminations, avec des sanctions réellement dissuasives contre les employeur.se.s, les propriétaires, les élu.e.s, les institutions qui s’en rendent coupables.
Soutenir financièrement les associations, collectivités, institutions qui luttent contre le racisme et pour la mémoire, en leur donnant les moyens de leurs actions.
Organiser des événements nationaux chaque année, avec la participation des associations, des historien.ne.s et des artistes.
Le PCF, héritier des luttes anticoloniales et des combats pour la justice sociale, continuera d'agir avec détermination dans la lutte pour la mémoire de l’esclavage qui n’est pas un combat du passé. C’est un combat d’aujourd’hui, parce que les inégalités qu’il a engendrées sont toujours là.
Parmi les luttes à poursuivre, 201 ans après la rançon réclamée par la France à la jeune nation haïtienne qui avait obtenu son indépendance par le soulèvement des hommes et des femmes mis en esclavage, le Président de la République après avoir mis en place une commission avec l’État haïtien pour faire la lumière sur cette rançon doit maintenant aller au bout de la démarche pour une réparation et restitution.
La lutte pour la mémoire de l'esclavage est un combat pour la dignité de millions de nos concitoyens et concitoyennes qui subissent encore le poids de cette histoire.
Paris, le 10 mai 2026
Parti Communiste Français.