Ci-joint la déclaration de la section du Chablais du Parti Communiste Français à propos de la fermeture programmée du Lycée d''Enseignement Professionnel du Chablais chemin de Morcy avec le transfert des activités sur le futur lycée d'enseignement général de Douvaine, et celui de deux sections : sur Évian et sur Annemasse.
Les communistes du Chablais, leurs élu-e-s, refusent d'acter ces décisions et soutiendront toutes les initiatives, syndicales, d'organisations de parents d'élèves, d'élus locaux, qui refusent cette nouvelle attaque contre l'enseignement professionnel créant ainsi un handicap supplémentaire pour les élèves des catégories les plus en difficulté.
Pour la section du Chablais du PCF
Michel Vuillaume
La décision administrative prise par le rectorat et la Région en mars 2025 de regrouper les formations actuellement à Thonon au Lycée Professionnel du Chablais sur le site du futur lycée d'enseignement général à Douvaine va remettre gravement en cause l'accès à l'enseignement professionnel pour les jeunes de Thonon et des
vallées environnantes.
La plupart des sections de formation du LP seront transférées sur Douvaine, sauf deux qui iront, pour l'une à Annemasse, (la menuiserie au lycée Jean Monnet), et l'autre, (Gestion Administrative Transport et Logistique), à Anna de Noailles à Évian pour la rentrée 2031.
En plus d'être une opération arbitraire, purement comptable dans un cadre d'économies drastiques probablement justifiées par la Région et surtout par le Ministère, avec au plan national une augmentation du temps passé en entreprise et la réduction des heures d’enseignement général, avec regroupement de sections
différentes, ce qui augmente les effectifs de classe, donc dommageable pour les plus fragiles, cette décision est une aberration géographique qui pénalisera encore plus un jeune public souvent en difficulté scolaire, dont beaucoup de familles parmi les plus défavorisées devront assurer le surcoût de transport vers une commune excentrée du Chablais, de surcroît mal desservie. Sans oublier la durée supplémentaire de transport avec un départ très tôt le matin (du plateau de Gavot par exemple) et un retour plus tardif.
D’après le site du LP https://chablais.ent.auvergnerhonealpes.fr/lp-du-chablais/, il y a aussi des actions de formation pour les « élèves décrocheurs » (Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire (MLDS)), une 3ème Préparatoire à la voie Professionnelle (cycle 4 du collège) et des formations ou reconversions dans le cadre du GRETA LAC.
Quid de ces formations ? Elles sont importantes, nécessaires aux élèves en difficulté et pour la formation continue. Une fois de plus, ce sera un handicap supplémentaire pour les enfants des catégories populaires.
En CAP, au plan national, ce sont près de 6 élèves sur 10 qui viennent des catégories les plus défavorisées. Ces chiffres ne sont pas anecdotiques ; ils disent une réalité brutale : le lycée professionnel est devenu le réceptacle des inégalités scolaires et sociales.
Et c’est précisément pour cela qu’il est politiquement négligé.
Le lycée professionnel mérite tout autre chose. Il mérite des moyens, de la stabilité, une ambition éducative à la hauteur des élèves qu’il accueille. Mais surtout, il mérite qu’on cesse de dissimuler sous des slogans flatteurs, fallacieux, «le LP doit être une voie d'excellence !» une réalité qui, elle, ne trompe personne.
Car à force de travestir les faits, ce n’est pas seulement la confiance qui s’effondre. C’est l’idée même d’égalité républicaine. Et cela s’applique aussi pour l’état de l’enseignement tout entier en France.
À Thonon, mis à part le Centre de Formation d'Apprentis (CFA) de l'automobile, il n'y aura plus d'autres formations dispensées chemin de Morcy.
D'où également une inquiétude par rapport au CFA, associatif, qui occupe actuellement une partie des locaux du LP, et dont les élèves bénéficient de la restauration scolaire et de l'internat. Que vont t-ils devenir ?
Quid si la ville de Thonon, propriétaire du terrain ; décide, suite aux transferts d'activités, avec l'accord de la Région, de raser ces bâtiments apparemment trop vétustes pour être rénovés pour une autre utilisation ?
Nous serons, si tel était le cas, extrêmement vigilants et mobilisés quant à l'avenir de ce terrain public municipal.