Communiqué PCF74 - La Jeunesse ouvre la voie et montre l’exemple

Depuis une quinzaine de jours, les lycéens se mobilisent partout en France pour revendiquer une amélioration de leurs conditions d’enseignement. En Haute-Savoie, la mobilisation est forte. Vendredi dernier, tous les lycées publics du département étaient mobilisés. Hier, mardi 06 octobre, 3 000 personnes dont de nombreux lycéens, enseignants et parents, ont défilé à Annecy malgré la poursuite des fermetures administratives d’établissements. Au niveau national, cette journée a été un immense succès avec près de 450 000 manifestants dans toute la France.

Les revendications portées sont justes, structurées, légitimes et nombreuses, et recoupent largement les revendications des personnels qui restent sans réponse politique depuis des années. En témoigne, la multitude de banderoles et de pancartes portées par les jeunes, bien loin de la caricature du gouvernement et des médias patronaux, qui depuis le début du mouvement tentent de le réduire à une « agitation » dénuée de fond politique et aux débordements qui ont pu avoir lieu à certains endroits. Dans de nombreux établissements on manque de professeurs, de CPE, d’AED (assistants d’éducation), d’AESH pour les élèves à besoins particuliers. L’infirmerie scolaire, le soutien social et psychologique sont en souffrance. La réforme Blanquer du baccalauréat a eu pour conséquence de détruire les groupes classes au lycée, de complexifier les emplois du temps d’introduire le contrôle continu et d’obliger les élèves à formuler des choix déterminants pour leur avenir dès l’année de seconde. La mise en place de Parcoursup a créé une situation anxiogène pour les élèves en plus d’augmenter encore la sélection sociale dans le supérieur. Les classes sont surchargées, les bâtiments et les salles de classes souvent insalubres, et la rupture d’égalité est flagrante dans certains territoires.

Tous ces problèmes et manquements sont les conséquences directes de la faillite de 3 quinquennats successifs qui prétendaient faire de l’éducation leur priorité et qui dans les faits ont mis à terre le service public de l’éducation. Tandis que l’Etat fait le choix d’augmenter sans cesse les crédits pour l’armée (7 milliards d’euros d’augmentation prévue pour 2027, 36 milliards d’ici 2030) et d’offrir des cadeaux fiscaux au patronat (plus de 200 milliards d’euros par an), les économies réalisées dans le service public d’éducation ont pour conséquence la situation actuelle. Dans le même temps, le développement encouragé de l’enseignement privé déstabilise de plus ne plus le système, tout en étant financé à plus de 75% par de l’argent public. C’est chaque année 12,5 milliards d’euros qui sont spoliés à l’école publique, pour promouvoir le développement d’un système éducatif privé, fondamentalement inégalitaire et parfois antirépublicain ! Les membres du gouvernement ont été prolixes à verser des larmes de crocodiles sur la dégradation de la place de la France dans le classement PISA, alors qu’elle est la résultante de leurs choix politiques qui aboutissent à sacrifier les conditions d’enseignement pour la jeunesse.

Plutôt que de chercher à répondre aux revendications plus que légitimes des lycéens et des personnels de l’éducation nationale, le gouvernement réprime les mouvements avec une violence encore inégalée dans l’histoire récente de la France : plus de 6 000 jeunes placés en garde à vue en une semaine, un nombre inédit gravement blessés. Certains ont perdu un œil, quand un autre a eu la main arrachée par l’explosion d’une grenade de désencerclement. Le personnel de l’Education Nationale n’est pas non plus épargné lorsqu’il tente de s’interposer entre les forces de l’ordre et les lycéens. Un nouveau pas dans l’autoritarisme a été franchi avec la fermeture d’un grand nombre de lycées et l’interdiction des rassemblements dans plus de 500 lieux en France, interdiction souvent retoquée par les tribunaux. Depuis maintenant plusieurs années, le gouvernement tente systématiquement de tuer toute mobilisation étudiante en fermant administrativement les facs au moindre mouvement, il décide désormais d’étendre cette pratique aux lycées. C’est une première gravissime ! Face à une jeunesse mobilisée pour de meilleures conditions d’éducation nous dénonçons et combattons cette bascule vers toujours plus d’autoritarisme, qui ouvre une voie royale à l’accession au pouvoir de l’extrême-droite.

Extrême-droite, qui présentait son « contre-budget » au moment même où les lycéens manifestaient, et qui nous promet 140 milliards de dépense publique en moins, soit toujours plus de coupes sombres dans l’enseignement, la recherche, la santé, etc. Le vernis « social » du RN a fait long feu, il est la roue de secours du Capital.

Ainsi, c’est bien la bourgeoisie qui se radicalise, pas la jeunesse ! Les casseurs de l’école publique, ce sont ceux qui se sont succédés au pouvoir, pas les lycéens !

La Fédération du PCF74 apporte tout son soutien aux lycéens et condamne fermement la réponse autoritaire et violente du gouvernement.

Salutaire, le mouvement actuel de la jeunesse montre à l’ensemble de la population que le renvoi des problématiques aux échéances électorales de 2027 est une impasse dangereuse et irresponsable et que seule la mobilisation peut permettre de mettre au centre du débat et de faire aboutir les revendications sociales. Il appelle à une convergence rapide avec les salariés et les fonctionnaires. 

Nous exigeons :

- la prise en compte par le gouvernement des revendications légitimes des lycéens mobilisés.

- l’abrogation de la réforme Blanquer et de Parcoursup, la fin de la sélection à l’Université

- la mise en place des moyens nécessaires au service public d’éducation, notamment par la réorientation des 413 milliards d’euros de crédits militaires et la fin des cadeaux fiscaux faits au patronat.

- Arrêt du financement de l’école privé par l’Etat et les collectivités territoriales

-un plan massif d’investissement pour la réhabilitation des établissements scolaires, de la maternelle à l’université

-le recrutement massif d’enseignants titulaires via l’ouverture des concours, le dégel du point d’indice et une revalorisation massive des enseignants pour attirer les candidats

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